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Mohamed Ouali Akeik: Le Maroc doit cesser de condamner les militants sahraouis

PARIS – Le ministre sahraoui des Territoires occupés et de la Diaspora sahraouie, Mohamed Ouali Akeik, a exigé mardi du Maroc de cesser de condamner les militants sahraouis pour leur opinion politique et en se fondant sur des aveux obtenus sous la torture.

« Le Front Polisario et le gouvernement de la RASD tiennent à rappeler fermement qu’il est urgent que le royaume du Maroc cesse de condamner les militants sahraouis pour leur opinion politique et en se fondant sur des aveux obtenus sous la torture », a déclaré le ministre sahraoui qui se trouve actuellement a Paris pour des conférences avec la communauté sahraouie en France et assister à la première édition de l’université de la communauté sahraouie.

Amnesty International a lancé lundi, rappelle-t-on, une campagne pour une action urgente de soutien aux prisonniers politiques de Gdeim Izik en rappelant notamment la nécessité de les transférer en territoire sahraoui occupé.

La déclaration du ministre sahraoui, parvenue à l’APS, intervient au moment où un procès en appel des étudiants sahraouis doit s’ouvrir mardi.

Il a estimé que la campagne d’Amnesty International s’inscrit dans la continuité des appels « déjà nombreux » des organisations internationales adressés aux autorités marocaines, « afin qu’elles respectent leurs obligations tirées de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, dans le cadre des procès politiques des ressortissants du Sahara occidental, un territoire non autonome sous occupation étrangère ».

Il a ajouté que les étudiants sahraouis de Marrakech qui ont affirmé leur innocence dès le début de la procédure et indiqué avoir été torturés lors de leur interpellation, « n’ont pas fait exception à la règle », soulignant que la situation des prisonniers « reflète une nouvelle fois les nombreuses et graves violations du droit international humanitaire commises depuis plus de quarante ans dans les territoires occupés ».

Il a rappelé que l’instruction du dossier de ces prévenus s’est focalisée, comme pour tous les autres prisonniers sahraouis, sur leur revendication légitime à l’autodétermination.

« Aucune enquête quant aux tortures subies n’a été ouverte alors que leurs déclarations font hélas écho à celle de tant de nombreux autres ressortissants sahraouis détenus au Maroc », a-t-il déploré, indiquant que le Front Polisario et le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) appellent les instances internationales à « faire immédiatement cesser l’impunité dont jouit le Maroc ».

A ce titre, les responsables sahraouis ont invités les institutions internationales à s’assurer que, dans le cadre du conflit de décolonisation qui les oppose au royaume du Maroc, « les populations civiles en territoire occupé soient en premier lieu protégées contre tout traitement inhumain et dégradant, comme l’exige le droit international humanitaire ».

Pour rappel, les 15 étudiants sahraouis de Marrakech, connus sous le nom des « Compagnons d’El Ouali », ont été poursuivis pour « meurtre avec préméditation et destructions de biens publics », puis condamnés.

Les étudiants ont tous clamé leur innocence, dès le début de la procédure et indiqué avoir été torturé lors de leur interpellation. Condamnés en première instance le 22 juin 2017, ils ont écopé de peines allant de 3 ans à 10 ans de prison.

Les autorités sahraouies indiquent que leur procès en appel, qui s’ouvre ce mardi, « sans que les autorités marocaines n’aient procédé, au préalable, à une enquête sur les déclarations de torture.

APS

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