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Maroc : la politique répressive du Makhzen traduit l’inquiétude des autorités face au mouvement de protestation (chercheur)

APS

La politique répressive du Makhzen traduit l’inquiétude des autorités marocaines face aux mouvements de protestation qui gagnent en maturité, a estimé jeudi le chercheur Brahim Oumansour, relevant un « net recul » des droits de l’Homme et des libertés dans ce pays.

« La politique répressive du Makhzen traduit l’inquiétude des autorités face à ce genre de mouvement (comme celui du Hirak) qui fait preuve de maturité politique et recourt à de nouvelles formes de mobilisations, facilitées par les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, très efficaces », a précisé cet universitaire dans une interview publiée sur le site de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

Face aux revendications populaires, qui pointent du doigt les carences de l’Etat marocain dans la gestion politique, sociale et économique dans la région du Rif, le gouvernement « semble avoir du mal à trouver des solutions durables pour redresser la situation du royaume », a-t-il estimé, soulignant que les condamnations « disproportionnées » des meneurs du mouvement Hirak « risquent d’attiser les tensions et de susciter plus de solidarité en déplaçant la mobilisation vers d’autres villes et d’autres régions ».

Pour lui, le Maroc vit une situation politique et sociale « des plus instables », indiquant qu’il peine à améliorer les conditions socio-économiques des Marocains.

« Malgré les réformes structurelles, politiques et économiques, visant à moderniser le pays et à booster la croissance économique, le Maroc peine à atteindre un niveau de développement capable d’améliorer les conditions socio-économiques des Marocains et d’absorber le nombre croissant de candidats sur le marché du travail », a-t-il expliqué, ajoutant que la redistribution « clientéliste » des richesses et des marchés « accentue les inégalités sociales ».

En plus du fait, a-t-il poursuivi, que cette situation « encourage des disparités régionales en termes de développement et de services publics », soutenant que c’est ce qui renforce le sentiment d’injustice qui caractérise les mobilisations sociales actuelles.

Au sujet du rapprochement du Maroc avec le Nigeria, le chercheur associé à l’IRIS pense que le royaume vise à « renforcer sa place » sur le plan géostratégique et au sein de l’Union africaine (UA), et veut également « ramener le Nigeria – soutien important au Front Polisario – vers son camp sur la question du Sahara occidental », soulignant que ces ambitions « risquent d’être déçues ».

Il explique que sur cette question, Rabat n’a « aucune garantie » de convaincre Abuja de renoncer au soutien de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), à moins que, a-t-il dit, « le roi ne décide lui-même de faire des concessions sur ce dossier devenu un handicap majeur pour son ambition géostratégique et son intégration effective au sein de l’UA ».

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