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Le peuple sahraoui trahi par l’ONU ?

Sahara occidental. Le nouveau plan Baker propose une " large autonomie ".

Le Conseil de sécurité de l’ONU examine aujourd’hui un projet de résolution concernant le conflit du Sahara occidental, occupé et annexé depuis 1975 par le Maroc. Aux termes de ce nouveau plan de règlement, défendu mardi au cours d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité par James Baker, envoyé spécial du secrétaire général pour le Sahara occidental, l’idée d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, adoptée il y a dix ans par l’ONU, est purement et simplement abandonnée. James Baker propose à sa place un statut de large autonomie du Sahara. Le territoire serait pourvu d’un parlement et d’un exécutif élus chargés de l’administrer, mais les affaires étrangères, la défense et la monnaie seraient du ressort exclusif du gouvernement marocain. L’envoyé de l’ONU a justifié l’abandon du plan d’autodétermination précédemment adopté par les Nations unies par le fait qu’il n’avait pas été possible de l’organiser depuis dix ans, le Maroc ayant contesté le recensement sur lequel devait être établi le corps électoral. Parlant de  » conflit inextricable, qui ne peut être résolu qu’avec la volonté politique des parties de se mettre autour d’une table « .

Le front Polisario a rejeté ce plan, estimant qu’il privait le peuple sahraoui de l’exercice du droit à l’autodétermination qui lui a été précédemment reconnu. Son représentant à Paris a agité la menace d’une reprise des hostilités contre l’armée d’occupation marocaine si le plan Baker était adopté par le Conseil de sécurité.

L’Algérie, qui abrite depuis vingt-six ans les camps de réfugiés sahraouis dans la région de Tindouf et qui a toujours soutenu le front Polisario a très vivement réagi, accusant James Baker d’avoir pris parti pour le Maroc.

L’ambassadeur d’Algérie auprès de l’ONU, Abdallah Baali, a accusé l’ONU d’avoir  » dévié de son rôle de neutralité « ,  » tronqué les arguments  » et rejeté  » avec une insoutenable légèreté  » les positions du Polisario et de l’Algérie. Pour lui, l’ONU s’est  » en somme discréditée « . Il a demandé que les arguments de l’Algérie  » acteur majeur dans cette affaire  » et du Polisario soient pris en compte avant le vote de la résolution.

Le représentant du Maroc a assuré pour sa part que son pays était  » à la recherche d’un compromis politique véritable permettant à tous de sortir de l’impasse « .

Françoise Germain-Robin

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