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L’instrumentalisation du Forum de Crans Montana dénoncée en Afrique du Sud

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Le Maroc persiste à piller illégalement les ressources naturelles du territoire du Sahara occidental occupé et tente d’utiliser le Forum de Crans Montana comme plate-forme pour « discuter des questions d’intérêt pour l’Afrique », a dénoncé récemment le principale journal hebdomadaire sud-africain « The Sunday Independant », appelant l’Union africaine (UA) à démasquer le double visage du Maroc et le forcer à résoudre le conflit sahraoui à travers un référendum onusien indépendant.

Cette dénonciation a été exprimée dans une contribution publiée dans The Sunday Independant, sous le titre : « Playing into hands of colonialist policy (Jouer dans les mains de la politique colonialiste) », de la Journaliste analyste sud-africaine, Shannon Ebrahim.

Elle a expliqué que le Maroc tente de se présenter comme « un leader continental progressiste » en organisant le Forum de Crans Montana et « l’utiliser comme plate-forme pour discuter des questions d’intérêt continental telles que la sécurité alimentaire, l’agriculture durable, les énergies renouvelables, la santé publique, les migrations vers l’Europe et la participation des femmes à l’économie et le développement politique ».

Face à ces pratiques, la journaliste a exhorté l’UA à lever le voile sur le double visage du Maroc et l »amener à résoudre définitivement la question du Sahara occidental à travers un référendum indépendant parrainé par les Nations unies.

Mme Ebrahim a également souligné que malgré le nombre important de décisions judiciaires internationales, « le Maroc persiste dans le pillage illégal des ressources naturelles du territoire occupé », à travers le lancement d’un certain nombre de projets d’infrastructures afin de faire du Sahara occidental « une plaque tournante pour la communication et l’échange avec les pays d’Afrique subsaharienne ».

« La stratégie est claire: le Maroc veut exploiter le territoire qu’il occupe illégalement comme une passerelle vers le continent africain afin de séduire les investisseurs et sortir de son isolement diplomatique », a écrit l’analyste-éditorialiste, au lendemain du Forum Crans Montana.

En janvier dernier, l’UA a décidé que ses Etats membres devraient boycotter le Forum de Crans Montana, qui s’est tenu, il y a une semaine, dans la ville sahraouie de Dakhla occupée, exhortant le Forum à s’abstenir d’organiser ses réunions dans cette ville.

L’oragnisaion d’un tel événement à Dakhla, a dénoncé Ebrahime, tend à « légitimer une occupation illégale et brutale qui viole les droits de l’homme et refuse à tout un peuple son droit inaliénable à  l’autodétermination et à la liberté ».

Dans ce contexte, Mme Ebrahime s’est élevée contre la participation du roi des Zulus Goodwill Zwelithini et de parlementaires de l’opposition sud-africaine, de la Democratic Alliance (DA) à ce Forum.

Cette participation a provoqué un tollé en Afrique du Sud, un pays où le colonialisme et l’apartheid constituent « un symbole historique national ».

« Comment un Sud-Africain qui a vécu l’apartheid peut-il préconiser le renforcement des relations avec une puissance coloniale exerçant une occupation brutale? », s’est interrogée Mme Ebrahim.

Les violations systématiques des droits de l’homme commises par le Maroc au Sahara occidental occupé, y compris la torture contre les Sahraouis, sont bien documentées par des organisations indépendantes de défense des droits humains, a-t-elle écrit, rappelant que dès 1975, la Cour internationale de Justice a clairement établi que jamais des liens de souveraineté territoriale entre le Sahara occidental et le Maroc n’avaient existé.

Puis, en 2002, le sous-secrétaire aux Affaires juridiques de l’ONU a émis un avis consultatif à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU, dans lequel il avait réaffirmé, sans équivoque, que « le Maroc n’exerce aucune souveraineté sur le Sahara occidental ».

Après ça, il y a la Cour de justice de l’UE, qui a rendu public, en février dernier, un jugement historique selon lequel « le Sahara occidental ne fait pas partie du Maroc et que les accords conclus entre l’UE et le Maroc ne peuvent s’appliquer au territoire du Sahara occidental », a conclu l’analyste sud-africaine.

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