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Maroc: poursuite des manifestations à Jerada, les autorités s’emploient à contenir la situation

  • by wsadmin
  • 16 Days ago
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RABAT

La situation demeure tendue dans la ville de Jerada (nord-est marocain), qui vit depuis fin décembre au rythme des manifestations populaires pour le droit au développement et à la justice et pour la fin de la marginalisation après le décès de deux jeunes dans l’effondrement d’une mine de charbon désaffectée, alors que le Gouvernement s’emploie à contenir la situation en multipliant les promesses de solutions urgentes et les visites officielles dans la région.

Classée parmi les villes les plus pauvres du Royaume, la ville de Jérada est secouée, depuis le 22 décembre, par un mouvement de contestation exigeant du Gouvernement des mesures pour lutter contre la pauvreté, assoir le développement et la justice et mettre fin à la marginalisation de cette ville où des centaines de personnes risquent leur vie au quotidien dans « les mines de la mort ». Quelque 9000 personnes travaillaient dans les mines avant leur fermeture en 1998.

Rassemblés au niveau de la place centrale de la ville, les manifestants ont scandé des slogans qui rappellent ceux du Mouvement Hirak al-Rif, « égalité sociale, travail et dignité », alors que les forces de sécurité présentes sur place ont tenté de leur barrer la route.

Les manifestants de Jerada ont été rejoints par les habitants d’autres villages de la région, notamment ceux de Guenfouda un petit village sur la route de Oujda, à 30 km de Jerada et du village Teguafayt et Tiwli.

A Rabat, la capitale, des activistes des droits de l’Homme et des syndicats ont organisé un rassemblement devant le Parlement en soutien au Hirak de Jerada, du Rif et de Zagwa, mais aussi contre la cherté de la vie.

« Depuis la fermeture de la mine, la population de la ville n’a plus de ressources », a indiqué un responsable local au sein de l’Association marocaine des droits de l’Homme.

Face à des manifestations qui ne faiblissent pas depuis plus de 12 jours, le gouvernement marocain se hâte à contenir la situation et à éviter l’escalade. Les déclarations des officiels ont été axée, depuis le début de ce mouvement, sur l’intention du Gouvernement à trouver des solutions urgentes aux problèmes, à travers notamment le lancement de projets qui permettraient de créer des postes d’emploi et améliorer les conditions de vie.

Dans le même contexte, le ministre de l’Energie et des mines, Aziz Rebbah avait annoncé une visite ce mardi dans la ville de Jerada afin de rencontrer les élus locaux et présenter les décisions du Gouvernement, qui cherche à mettre fin au protestations à tout prix. M. Rebbah avait affirmé, lors d’une séance consacrée aux questions orales à la chambre basse du parlement, que le gouvernement « traitera de manière positive la situation à Jerada », ajoutant que « les revendications raisonnables seront prises en charge et le reste sera examiné en détail ». Il a promis aux contestataires la création d’une centrale électrique offrant plus de 400 emplois.

« Nos revendications sont légitimes, nous demandons une alternative économique pour nos jeunes et nous n’arrêterons les manifestations que le jour où nos revendications seront entièrement satisfaites. On ira jusqu’au bout », avait soutenu la présidente de l’association des jeunes chômeurs, Zahra Haroud, membre du mouvement « Hirak de Jerada », qui rassemble outre la société civile plusieurs formations politiques et syndicales, notamment la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union marocaine du travail (UMT), l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), le pôle syndical du mouvement d’al-Adl wal Ihssane.

L’appel à la grève générale, suite au décès des frères Houcine et Jedouane, âgés de 23 et 30 ans, a été largement suivi avec le rassemblement au centre ville de près de 8000 personnes dans la manifestation du « vendredi de la colère » et où la plupart des commerçants ont baissé leurs rideaux, pour réclamer une alternative économique.

Des politiciens et des activistes des droits de l’Homme imputent la responsabilité au gouvernement

Partant du constat que Jerada « vit une grave crise économique qui n’est pas récente et ce à cause de l’absence d’unités de production, d’où le taux de chômage élevé », les partis politiques et les associations des droits de l’Homme imputent au Gouvernement la responsabilité des évènements qui secouent cette ville, apportant leur soutien aux manifestants.

Pour le parti Istiqlal, les revendications des manifestants à Jerada, Hoceima et Zakoura sont « légitimes et justes ».

Les promesses du gouvernement n’ont pas été concrétisées depuis 20 ans, ce qui a donné lieu à ces manifestations, estime le parti de la Justice et du développement.

Parallèlement au « Rapport de la commission d’enquête » sur les évènements d’El Hoceima, initié par l’Alliance marocaine des droits de l’Homme, des activistes des droits de l’Homme ont rendu public mardi « les résultats d’une enquête » sur la situation à Jerada en se basant sur des témoignages des natif de la région, qualifiant de « graves » les dangers sanitaires et professionnels auxquels ils sont exposés.

Les enfants de Jerada « vivent dans la pauvreté et la marginalisation sociale », a déclaré le président de l’Alliance civile des droits de l’Homme, Abderrahman Bendiab, qualifiant les revendications de « sociales, justes et simples ».

La ville de Jerada est connue pour avoir longtemps abrité une importante mine de charbon, où travaillaient encore quelque 9.000 ouvriers au moment de l’annonce de sa fermeture à la fin des années 1990.

 

 

APS

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